BlogLa France avance prudemment vers la légalisation : point sur le cannabis après les élections
  • $

$ 0, -

0,00 $US

La France avance prudemment vers la légalisation : point sur le cannabis après les élections

08-05-2017

Avec une victoire écrasante au deuxième tour, le candidat français à la présidence Emmanuel Macron a gagné haut la main face à la candidate Marine Le Pen. La victoire est arrivée après une première session controversée où se sont démarqués la candidate d'extrême droite Le Pen et le centriste Emmanuel Macron, impopulaires pour une visible majorité des votants.

Et alors que la question principale était de savoir si la défenderesse populiste de Brexit et de Donald Trump allaient prendre le relai, les élections françaises pourraient bien apporter également des changements en ce qui concerne la légalisation et la régulation.

La loi sur le cannabis dans les pays de l'E.U.

Actuellement, aucun pays membre de l'E.U., incluant la France, n'a complètement légalisé la production commerciale, la distribution et la consommation de cannabis. Avec le support croissant du grand public pour la légalisation, de nombreux pays ont adoucit leur politique de criminalisation de la consommation de cannabis. Des pays comme l'Espagne, l'Allemagne, le Portugal et les Pays-Bas ont des législations particulières en ce qui concerne la consommation personnelle et ils permettent la vente de petites quantités dans des dispensaires spécialisés, des magasins récréatifs et des clubs.

Cependant, les autorités françaises ont moins bien accueilli la marijuana. Comme l'explique Le Point, un magazine hebdomadaire de politique et d'actualité Français, "en Europe, 12 de nos voisins ont pris le parti de la dépénalisation, ou sont favorables à la consommation récréative comme aux Pays-Bas, en Italie, en Espagne ou au Portugal. Mais la France garde une loi très répressive qui semble très inefficace.”

Regard sur les dernières élections

Parmi les principaux candidats qui se sont présentés, Benoît Hamon, du Parti Socialiste, avait exprimé sa position réformiste. Sa politique progressiste proposait le Revenu de base universel et la réduction des 35 heures de travail par semaine, ainsi que la légalisation de la marijuana et une taxe sur sa vente.

Cependant, alors que des sondages récents ont suggéré que près de 80 % des français désapprouvaient la politique punitive actuelle, après le premier tour des élections du 23 avril, Hamon s'est fait distancer et a fini à la cinquième place, avec 6.4 % des voix.

Même si les élections de mai ont laissé le choix entre deux outsiders, leur position sur des réformes concernant la marijuana reste très conservative. Sans surprise, Le Pen, qui a mené une campagne anti-immigration et anti-EU n'a fait aucune promesse d'adoucir la politique sur les drogues en France. Une déclaration publique de David Rachline, le directeur de campagne du candidat, a confirmé l'opposition de longue date du Font National face aux narcotiques. "C'est complètement délirant. Au contraire, nous devons nous battre de toutes nos forces contre les trafiquants et les drogues.”

L'opposant de Le Pen, Macron, a montré une attitude plus progressiste. Comme il l'a dit lors d'une interview, "nous débattons pour une dépénalisation de possession de petites quantités de cannabis pour désencombrer un peu les tribunaux." Pour beaucoup, la position de Macron sur la dépénalisation est un premier pas vers une bonne direction mais elle reste malgré tout plus conservative que celle des autres candidats plus à gauche.

Le public français

Cette hésitation pour une réforme sur la prohibition des drogues va à l'encontre du soutien et de l'acceptation de la consommation du cannabis du public français. En 2010, EuroNews a publié un rapport montrant que le cannabis était la drogue illégale la plus consommée en France, "avec 13.4 millions de français entre 11 et 75 ans ayant déjà essayé le cannabis au moins une fois dans leur vie". Cette statistique est considérablement plus élevée que celle de la consommation des autres drogues, incluant cocaïne et ecstasy.

Malgré un soutien écrasant en France, ainsi que la position de ses voisins du continent s'éloignant de la criminalisation, la France reste derrière. "Malgré l'apparente acceptation pour la majorité du public français, la question du cannabis est néanmoins un point délicat dans le système politique du pays."

Et alors que le résultat des élections a été un grand soulagement pour beaucoup, les promesses d'une politique des drogues plus sensée sont toujours imprécises. Pendant les années qui arrivent, il sera intéressant de voir comment la politique sur les drogues évoluera, avec le Président ayant aussi à gérer les questions d'état d'urgence, devant faire face aux menaces de terrorisme et lutter contre les problèmes économiques.

Auteur : Carlos Danger



Avez-vous au moins 18 ans ?

Vous devez confirmer que vous avez au moins 18 ans pour visiter notre site internet.