BlogLes effets médicaux des psychédéliques : que savons-nous ?
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Les effets médicaux des psychédéliques : que savons-nous ?

06-02-2017

Le LSD peut guérir des migraines, la DMT aide dans le cas des addictions et la psilocybine soulage de la dépression et l'anxiété de fin de vie chez les patients atteints de cancer. Voici seulement certains des résultats des études scientifiques sur le potentiel médical des psychédéliques.

La recherche sur les psychédéliques qui a commencé dans les années 50 et 60 a pris fin brutalement avec la Guerre contre les Drogues. C'est seulement depuis quelques années que c'est redevenu un objet de recherches. Les médias sont pleins d'engouement et parlent même de la "renaissance psychédélique". Mais que savons-nous jusqu'ici ? Pourrons-nous chercher nos champignons à la pharmacie dans le futur ?

Le journaliste German Lopez a étudié plus de cinquante dossiers scientifiques sur les effets médicaux de trois psychédéliques classiques : LSD, DMT et psilocybine. Voici ses conclusions :

1. Les résultats sont prometteurs, mais préliminaires.

Les études sont petites et il n'y a souvent pas de groupe de contrôle ou de placebo (plutôt compliqué à réaliser dans le cadre de la recherche sur les psychédéliques). A ca stade il n'est pas encore possible de tirer de conclusions définitives ou de généraliser les résultats à une population plus large.

2. Parce-qu'il est toujours très difficile de mener des recherches sur les psychédéliques.

Depuis que ces substances ont été déclarées illégales, les gouvernements ont arrêté de financer ce genre de recherches. Les groupes pharmaceutiques ne sont pas intéressés non plus : la plupart des psychédéliques sont déjà connus et ainsi il n'est plus possible de déposer de brevet. Les projets de recherche actuels financés par des donations privées, collectées par des organisations à but non lucratif comme MAPS, La Beckly Foundation et le Heffter Research Institute. Parce-que ces drogues sont toujours illégales, ces projets doivent comporter des régulations strictes. Toutes ces réglementations sont des obstacles et font que ces études prendront du temps et donc seront coûteuses.

3. Jusqu'à maintenant, la plupart des effets ont été trouvés pour la dépression, l'addiction, des désordres d'obsession compulsive et l'anxiété de fin de vie.

De tels problèmes sont difficiles à traiter avec les méthodes conventionnelles : les effets positifs des psychédéliques - en particulier le pourcentage des patients aidés - sont en effet évidents.

Il est encore plus exceptionnel que les effets fonctionnent de façon intense après une dose unique du traitement. Alors que les médicaments (psychiatriques) conventionnels nécessitent généralement une prise régulière sur un long-terme pour faire effet.

La durée des effets est inconnue. Souvent les effets sont encore visibles après 6 ou 9 mois (dans une certaine étude, même après 34 ans !), mais par toujours. On n'a pas encore étudié si les psychédéliques soignaient également d'autres maux, mais il semblerait. Plusieurs études montrent que les psychédéliques ont un effet bénéfique sur les hommes "en bonne santé" également. Il obtiennent une personnalité plus ouverte, sont plus satisfaits avec leur vie et se sentent mieux émotionnellement.

4. Les psychédéliques semblent fonctionner en évoquant un expérience mystique profonde.

Cela donne une nouvelle perspective sur leur vie. qui conduit généralement à des changements dans le comportement. Plusieurs recherches montrent le lien entre la profondeur de l'expérience et un effet démontrable du traitement.

5. Le mécanisme sous-jacent (biologique) est toujours inconnu.

Les chercheurs ne sont pas satisfaits par une explication sur le plan spirituel et cherchent ardemment un mécanisme biologique qui pourrait en être à l'origine. Une étude récente a contrôlé l'activité d'un cerveau sous l'influence de LSD : on a pu observer plus de connectivité entre les différentes parties du cerveau. Il pourrait ainsi être possible que l'expérience psychédélique "secoue le cerveau" un peu et ainsi donne à la personne de nouvelles perspectives. D'autres scientifiques ont évoqué le rôle médiateur des neurotransmetteurs de sérotonine et de dopamine qui régulent l'humeur. Lopez met en avant le fait qu'en très peu de temps l'expérience psychédélique amène un changement sensé chez la personne d'une façon générale.

6. Des risques semblent limités.

Jusqu'ici aucun incident à mentionner lors du traitement des patients avec les psychédéliques. L'article mentionne deux risques : les gens peuvent faire des choses dangereuses (comme sauter par une fenêtre) quand il sont sous l'influence de psychédéliques et les gens sujets aux psychoses ne devraient pas non plus en consommer. Ses risques sont limités par un contrôle strict, un environnement sécurisé et un support professionnel. La plupart des chercheurs veulent limiter l'utilisation des psychédéliques à l'unique cadre régulé des cliniques.

Tripper sous prescription médicale ?

Il est fort possible que du temps s'écoule avant que l'on puisse obtenir des psychédéliques sous prescription médicale, mais selon le courant actuel, cela ne semble pas impossible. Que ce soit désirable est une autre chose. Comme on le sait, une expérience psychédélique est fortement dépendante des conditions dans lesquelles elles ont lieu. Ca serait dommage que ce soit limité à la seule clique médicale.

Lisez l'article complet ici.
En lire plus : The Trip Treatment, une longue lecture de Michael Pollan dans The New Yorker. L'image est empruntée de l'article original.

Auteur : Judith



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